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France, Reminiscence, Les Sorcières dAkelarre… Les films à voir ou à éviter cette semaine au cinéma

France, Reminiscence, Les Sorcières dAkelarre… Les films à voir ou à éviter cette semaine au cinéma

Le nouveau Bruno Dumont, une fable futuriste et des ensorceleuses basques. Que faut-il voir cette semaine ? La sélection de la rédaction du Figaro.

France, Reminiscence, Les Sorcières dAkelarre… Les films à voir ou à éviter cette semaine au cinéma

La Terre des hommes , un drame de Naël Marandin, 1h36

C’est sa terre. Qu’on se le dise. Il la défend. S’il le faut, ce sera à coups de fusil. Bernard (Olivier Gourmet) ne plaisante pas. Ce fermier bourguignon est au bout du rouleau. L’exploitation familiale croule sous les dettes. Heureusement, la fille veut ­reprendre le flambeau. Constance a une éthique et des idées. Il est temps de changer. Elle compte sur l’appui de ­Sylvain, ­apparemment pas mauvais bougre. Sylvain ne tiendra pas vraiment ses promesses, mais il profitera de sa position pour séduire Constance. Elle porte plainte pour viol.

Naël Marandin plonge son héroïne, qui se démène pour éviter la liquidation judiciaire, dans un imbroglio sans fin. Le réalisateur ne raconte pas cet épisode à gros traits noirs. Il en fait une tragédie au ralenti, décrit les tractations feutrées entre acheteurs de bétail, s’attarde sur de subtils ­rapports de force, scrute les intrigues de coopérative. Diane Rouxel, qui illuminait déjà Volontaire , d’Hélène Fillières, troque l’uniforme pour les bottes en caoutchouc. Seule contre tous, elle porte à bout de bras cette descente aux enfers dans un quotidien qui est de moins en moins rose. La vie continue. Elle n’aura plus jamais le même goût. É.N.

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Les Sorcières d’Akelarre , un drame de Pablo Agüero, 1h 32

Bizarres que cette langue enroulée de «x» et de «k» et ces traditions où l’on danse et l’on chante face à la lune. Au 17e siècle, les vautours de l’Inquisition tournent autour de la côte basque et s’abattent sur les bergères. Elles sont démunies, leurs maris sont en mer. À partir de ce chapitre sinistre de l’histoire, le réalisateur Pablo Agüero imagine un thriller nerveux, comme s’il s’était emparé d’un fait divers contemporain. Une bande de jeunes femmes malicieuses – mais pas dans le sens qu’entendent ces sombres juges – est mise sur le banc des accusées.

La caméra est vive, nous sommes à leurs côtés. On les torture. On les étourdit de sermons. Le réalisateur place face à face deux discours : l’intelligence froide et rhétorique des fous de Dieu, la fantaisie drôle et sinueuse des jeunes femmes. Le verbe est finalement leur seule sorcellerie. Grâce à lui, elles mettent le doigt sur la faille de ces inquisiteurs : s’ils voient la queue du diable partout, c’est qu’ils rêvent de la trouver. Leur obsession révèle une curiosité perverse, qui s’accompagne d’une sévère misogynie. Montrer cela est la grande force de ce film malheureusement trop brouillon par endroits. B.P.

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Reminiscence , thriller de Lisa Joy, 1h 56

Dans la lignée de son beau-frère Christopher Nolan, la créatrice de Westworld imagine une technologie faisant revivre les souvenirs érigeant le passé en addiction. Un péril que brave un détective privé (Hugh Jackman). Relecture inattendue du mythe d’Orphée et d’Eurydice, cette fable futuriste offre des scènes entre réalité et fantasme d’un Miami submergé par les flots à se brûler la rétine. Dommage que le scénario fléchisse sur sa fin. C.J.

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Don’t Breathe 2 , un film d’épouvante de Rodolfo Sayagues, 1h39

Quelques années après les péripéties sanglantes du premier volet, l’Aveugle (Stephen Lang), un ancien soldat d’élite américain à la retraite, prend sous son aile une jeune fille orpheline. Lorsqu’elle se fait kidnapper, la part la plus sombre de l’ancien combattant reprend le dessus. Si Fede Álvarez a laissé la barre de la réalisation à son compatriote uruguayen Rodolfo Sayagues, les créateurs des Evil Dead – Sam Raimi et Robert Tapert – restent à la production.

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France , une comédie dramatique de Bruno Dumont, 2h14

France de Meurs (Léa Seydoux) est la présentatrice vedette d’une chaîne d’info en continu. On la découvre posant une question faussement impertinente à Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Élysée (le montage crée une illusion parfaite). Sa productrice, Lou (Blanche Gardin), portable greffé à la main, les yeux rivés sur les réseaux sociaux, exulte au fond de la salle. « Les gens adorent, ça va être chaud la bite. » Le ton est donné.

Quand elle n’est pas en reportage sur le terrain, France habite un appartement à la décoration nouveau riche avec vue sur la place des Vosges. Elle y croise un fils livré à lui-même et un mari méprisé (Benjamin Biolay), écrivain anonyme aux revenus inférieurs aux siens. Quand France renverse un livreur en scooter, sa popularité et son assurance se fissurent. Dumont et la comédie, ça fait deux. Le cinéaste rit quand il se brûle. Avec France, qui prétend épingler nos turpitudes contemporaines, la caricature de ­l’allégorie est gênante. É.S.

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Miss Marx , un drame de Susanna Nicchiarelli, 1h 47

À la mort de Karl Marx, sa fille continue son combat en luttant pour le droit des femmes et l’abolition du travail des enfants. L’actrice Romola Garai ne démérite pas mais les costumes pèsent lourd. Plaquer du rock sur ses images pour rendre tout ça moderne ne suffit pas. É.S.

Référence

France, Reminiscence, Les Sorcières dAkelarre… Les films à voir ou à éviter cette semaine au cinéma
www.lefigaro.fr

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