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Le prix de lhuile de canola explose: votre poutine coûtera plus cher cet été

Le prix de lhuile de canola explose: votre poutine coûtera plus cher cet été

La hausse du prix de tous les ingrédients alimente des factures plus salées.

Le prix de lhuile de canola explose: votre poutine coûtera plus cher cet été

L’augmentation du prix de l’huile, du fromage et des patates force les casse-croûte du Québec à hausser le prix de leur poutine à l’approche des vacances de la construction.

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« L’an dernier, ma poutine était à 7,15 $. Normalement, je l’aurais augmentée de 50 cents, à 7,65 $, mais j’ai dû la mettre à 8,15 $ à cause du prix de l’huile. C’est épouvantable », lance Dave Pelletier, propriétaire de La Fringale, à McMasterville.

À son casse-croûte, l’homme d’affaires passe une vingtaine de 16 litres d’huile par semaine. L’an dernier, le contenant était à 18,99 $. Aujourd’hui, il dépasse les 40 $.

« Donc 20 fois 25 $, ça fait 500 $ par semaine que je jette dans les poubelles », déplore celui qui n’a pas eu le choix d’augmenter le prix de sa poutine de 14 %.

À La Bonne Patate, à Chicoutimi, le propriétaire, Martin Tremblay doit, lui, payer sa graisse plus du double depuis février. Son 20 litres jadis à 28 $ coûte 57 $.

« Ma petite poutine coûte 7,45 $. Faudra au moins qu’elle monte à 7,95 $ facile. Le fromage a augmenté », explique l’homme, qui ne lâche pas la patate.

« C’est sûr qu’avec le prix de l’huile actuelle, les casse-croûte n’auront pas le choix d’aller vers une augmentation de leurs prix », tranche à son tour Martin Vézina, aux communications de l’Association Restauration Québec (ARQ).

Pour Charles-Félix Ross, directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), la hausse du prix de l’huile de canola a moins à voir avec la production de biocarburant qu’avec les aléas du marché.

« Il y a eu des récoltes très moyennes en Amérique du Sud. C’est l’offre et la demande. Il y a de la spéculation. La Chine a aussi eu un grand appétit pour les denrées », dit-il, en ajoutant son grain de sel. 

Le bacon aussi

D’après Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie, la poutine est victime d’une tempête parfaite.

« La poutine est assiégée par l’inflation alimentaire. Les patates sont 12 % plus chères depuis janvier. L’huile a doublé. Le prix du fromage a augmenté », observe celui qui vient de faire paraître Poutine nation aux éditions Fides.

« Le prix de l’huile de canola au pays est dicté par celui de l’huile de soya à la Bourse de Chicago, et les cours ont doublé dans la dernière année », note Denis Landry, directeur général du Groupe Prestige.

Au Restaurant Chez André, à Longueuil, on a dû gonfler les prix de 6 % à cause du prix de l’huile et du bacon, qui est la vedette de ses assiettes déjeuners.

« Depuis que l’on a rouvert, le bacon est collé à 56 $ le cinq kilos. On sert des déjeuners, alors quand le porc, la saucisse, le jambon montent, ça nous touche », conclut Élias Smyrniotis, gérant du restaurant de Longueuil.

Chez Olymel, on note une surenchère des prix pendant la saison chaude.

« Cette hausse est due à un effet saisonnier et historique pour la matière première utilisée pour faire du bacon », explique Richard Davies, vice-président principal aux ventes. 

Un patron de casse-croûte de La Vallée-du-Richelieu va jusqu’à payer ses travailleurs étudiants 20 $ l’heure quand il le faut pour les retenir.

« En commençant, je paye 15 $ ou 16 $ de l’heure. Avant, c’était le minimum. Quand je vois que la personne est bonne, je peux donner 18 $, 19 $, 20 $ l’heure, et j’ai encore de la misère », lance Dave Pelletier, propriétaire de la Cantine La Fringale à McMasterville.

« La pénurie de staff est terrible. C’est très dur. Maintenant, tu dois donner 3 $ de plus l’heure, pas juste 50 cents et même là, les gens réfléchissent », poursuit-il devant les palmiers gonflables de sa terrasse donnant sur la route 116.

Chaque année, il dit revoir ses prix à la hausse de 3 % à 5 %, mais cet été, avec la flambée du prix de l’huile et la pénurie de main-d’œuvre, il devra y aller d’un bon 6 % partout.

« Cuisinier demandé »

À Longueuil, au Restaurant Chez André, Dimitrios Smyrniotis, 69 ans, accueille Le Journal en montrant du doigt une affiche sur sa porte : « Cuisinier demandé ».

Avant même d’aborder la hausse du prix des denrées, c’est la pénurie de main-d’œuvre qu’il impose dans la discussion, essoufflé par sa propre course.

« Je suis assez vieux. J’aimerais relaxer un peu. Je travaille sept jours sur sept. C’est très dur », confesse celui qui a acheté le restaurant du boulevard Marie-Victorin en 1982. 

Reconversions

En entrevue au Journal en février dernier, l’économiste principale de Desjardins, Hélène Bégin, avait prévenu que ces vents de face s’en venaient.

« Il y a beaucoup d’employés de qualité en restauration, par exemple, qui sont allés travailler dans d’autres domaines, alors on se demande maintenant si ces industries auront assez de main-d’œuvre quand elles pourront enfin rouvrir », avait-elle affirmé.

L’avenir semble lui donner raison aujourd’hui.

Référence

Le prix de lhuile de canola explose: votre poutine coûtera plus cher cet été
www.journaldequebec.com

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