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Article réservé à nos abonnés Pour une démocratie furtive ?

Le néolibéralisme contre la démocratie

À propos de : Wendy Brown, Défaire le dèmos. Le néolibéralisme, une révolution furtive, Éditions Amsterdam – Le néolibéralisme est souvent considéré comme une simple idéologie gestionnaire, dont les effets se feraient sentir surtout sur la sphère économique. Il n’en est rien, selon Wendy Brown : le néolibéralisme est une révolution anthropologique majeure, qui change notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au commun.

Le néolibéralisme contre la démocratie

Tout est dit dans le sous-titre de cet ouvrage brillant sur le néolibéralisme : une « révolution furtive ». Une « révolution » tout d’abord : on a l’habitude de considérer le néolibéralisme comme une idéologie gestionnaire et managériale, cantonnée à la sphère économique. Or, dans la lignée de travaux désormais classiques en sciences sociales (Weber, Polanyi, Dardot & Laval), Wendy Brown, professeure de sciences politiques à Berkeley et spécialiste de Marx et Foucault, montre que cette représentation relève de l’image d’Épinal. Transformation significative du capitalisme avancé, le néolibéralisme est une révolution anthropologique globale en Occident : un bouleversement majeur dans notre rapport au monde. Qui plus est, c’est une révolution « furtive » (stealth) : une révolution agissant à l’insu de ses acteurs, de ses « couches porteuses » aurait dit Weber. Ses effets iraient bien au-delà de la gestion des choses ou des rapports aux choses, mais toucheraient le cœur même de notre modernité politique : la conquête de la démocratie.

Le constat qui ouvre ce livre de théorie politique est son interrogation fondamentale :

L’histoire du XXe siècle est riche en paradoxes politiques, mais il n’en fut peut-être pas de plus remarquable que celui-ci : à la fin de la Guerre froide, alors que les commentateurs et les experts annonçaient le triomphe planétaire de la démocratie, une forme inédite de rationalité gouvernementale fut déployée dans le monde euro-atlantique et entama la déstructuration conceptuelle et l’évidement des pratiques et des institutions de la démocratie. (p. 9)

C’est le sens même de la démocratie, tant libéral que radical, tant procédural qu’utopique, qui s’est perdu avec le néolibéralisme : pourquoi ? C’est que sa rationalité économique, qui enjoint chacun à devenir l’entrepreneur de soi-même, s’est transformée en « gouvernementalité », en un ensemble de techniques, pratiques et valeurs du pouvoir omniprésentes dans nos sociétés. Ce sont elles qui ont, peu à peu, remplacé la démocratie. Cela montre, au passage, qu’elle n’est pas un acquis permanent, un trait naturel de nos sociétés modernes : « L’auto-gouvernement démocratique doit être consciemment valorisé, cultivé et entretenu par un peuple soucieux de le pratiquer, et […] il doit résister à la quantité de forces économiques, sociales et politiques qui menacent de le déformer et de le déborder » (p. 11).

La méthode adoptée pour étayer ce constat est une archéologie, au sens foucaldien, de la raison néolibérale. Comme dans Naissance de la biopolitique de Foucault, le néolibéralisme est défini comme un ordre de la raison normative qui « reconfigure tous les aspects de l’existence en termes économiques » (p. 17). En envahissant tout le corps social, il relie ainsi, comme deux faces de la même médaille, deux figures apparemment lointaines : d’un côté l’État, dont l’art de gouverner se moule sur les valeurs économiques ; de l’autre les individus, qui en viennent à évaluer toutes leurs pratiques par rapport à ces valeurs, et à se construire par rapport à elles. Brown prend deux exemples parlants : les réformes actuelles des universités américaines, qui font écho à celles des universités européennes, et le discours d’Obama sur l’état de l’Union de janvier 2013. Concernant les universités, elle argue que « les critères qui remplacent les anciennes mesures de la qualité de l’enseignement ne s’attachent qu’au retour sur investissement (RSI) et se concentrent sur les types d’emploi et aux perspectives de rémunération que les investisseurs-étudiants peuvent attendre de telle ou telle formation universitaire » (p. 24). Prototype de l’entrepreneur néolibéral, l’étudiant devient ainsi un maximisateur rationnel de capital humain, ce qui contribue inévitablement à dévaloriser les arts libéraux et les humanities, véritables formateurs du citoyen (p. 193-217). Quant à l’État, Brown choisit, à dessein, un des discours politiques les plus progressistes de l’histoire américaine récente, pour montrer qu’il émane aussi de la rationalité néolibérale. Obama y défend l’assurance maladie, la progressivité fiscale, l’écologie, l’ouverture des politiques migratoires, la lutte contre toute source de discrimination : mais non pas en elles-mêmes, comme des valeurs démocratiques ; bien plutôt, comme des instruments pour favoriser la croissance économique, l’investissement et l’emploi (p. 28-29).

Le néolibéralisme a une histoire complexe et tentaculaire. Phénomène mondial « sans unité » (p. 54-55), il trouve sa première formulation idéologique dans la synthèse qui s’accomplit, dans la pensée économique, entre l’ordolibéralisme austro-allemand des années 1930 et l’École monétariste de Chicago. Le propre de cette idéologie est de vanter les mérites de la concurrence comme une logique supérieure de régulation du monde social et surtout – c’est sa grande différence avec le libéralisme classique – d’insister sur son caractère artificiel. Contrairement à la main invisible d’Adam Smith, la concurrence néolibérale doit être produite politiquement, notamment par l’État, pour engendrer ses bénéfices à terme [1]. « La croissance économique est la raison d’État de l’État » dit Brown (p. 72).

D’une part l’État impose la concurrence dans toutes les sphères sociales, et ce d’autant plus que, avec le New Public Management des années 1980, « les principes économiques deviennent le modèle de la conduite de l’État » (p. 65). On assiste alors au « remplacement de la prééminence du droit par des instruments de gouvernance comme l’évaluation comparative, les recommandations, la valorisation de l’adhésion et des meilleures pratiques (best practices) » (p. 75). Ces recettes de gouvernance excèdent le domaine stricto sensu de l’État pour s’imposer dans tout le monde social, à l’école et à l’Université, dans les services sociaux, dans les associations à but non lucratif (p. 128-139). Dans la gouvernance, art par définition du gouvernement néolibéral, « la vie publique est réduite à la résolution de problèmes et à la mise en application de programmes – conception qui met entre parenthèses ou élimine la politique, le conflit et la délibération concernant les valeurs et les fins communes » (p. 134-135). Le néolibéralisme s’impose ainsi par dissémination sociale, comme un soft power (p. 50), à l’aide d’incitations et de contraintes rationnelles plutôt qu’avec des directives ou des commandements.

D’autre part, et sans contradictions avec ce qui précède, l’État tend à devenir de plus en plus autoritaire. Ici Brown diverge partiellement de Foucault, qu’elle complète sur la base de l’actualité du XXIe siècle : le néolibéralisme contemporain s’affranchit de facto de toute référence à la liberté des acteurs économiques, pour devenir un système tout à fait illibéral [2]. Cela apparaît particulièrement dans les phases de crise du capitalisme, lorsque l’État impose le sauvetage de certains capitaux et ordonne, avec ses politiques d’austérité, le sacrifice des citoyens (p. 75). Cette logique sacrificielle (p. 229-239) tend à empiéter sur la démocratie, fondée depuis le XVIIe siècle sur les droits naturels des citoyens, considérés comme des remparts contre la puissance souveraine. Se dessine ainsi un gouvernement de sujets passifs et supposés responsables [3] qui, apparemment inclus dans la gestion du pouvoir, ne doivent pas moins contribuer à la production du consensus. Consensus qui est d’autant plus difficile à briser que le(s) pouvoir(s) de la gouvernance – et donc la cible de la conflictualité sociale – devien(nen)t invisible(s) et impensable(s). Les individus du néolibéralisme perdent ce qui fait d’eux des sujets démocratiques : leur capacité à intervenir sur les fins dernières de l’action et celle de contester les principes de valeurs qui formatent leurs pratiques.

À la faveur de son fonctionnement consensuel, le néolibéralisme devient ainsi une vérité incontestable : en termes foucaldiens, un principe de « véridiction » du social. Mais cette vérité ne pourrait paraître aussi inébranlable si, justement, elle n’était pas mobilisée dans toutes les sphères de la vie sociale. C’est là toute la spécificité du néolibéralisme : il généralise la logique économique, et notamment le principe de la concurrence des êtres, à toutes les sphères de la vie, « de la maternité à l’accouplement, de l’enseignement à la criminalité, de la planification de sa vie familiale à la planification de sa propre mort » (p. 71). Selon Brown, la représentation économique que le néolibéralisme tend à partout imposer est double : d’un côté, le capital humain sur le modèle entrepreneurial, dont Foucault livre une première théorisation dans Naissance de la biopolitique ; de l’autre, le capital humain sur le modèle financier, pour lequel l’auteure s’inspire du Temps des investis de Michel Feher. C’est sur ce second point que Wendy Brown entend amender et prolonger, à juste titre, la contribution séminale de Foucault. Le capitalisme néolibéral tend, certes, à diffuser la « forme entreprise » dans tout le corps social (d’où l’idée de l’individu « entrepreneur de lui-même »). Mais il tend aussi, et surtout, à régler la valeur sociale de toutes les pratiques sur la « cote de crédit » (p. 35) des individus : sur ce que des classements multiples disent d’eux dans un monde de concurrence généralisée. En ce second sens, l’individu néolibéral se considère désormais comme un portefeuille d’investissements multiples – économiques, sentimentaux, familiaux, culturels, vacanciers – à la valeur variable.

À travers des classements et des notations dans toutes les activités […] le but constant et omniprésent du capital humain, qu’il s’agisse d’étudier, de faire un stage, de travailler, de prévoir sa retraite ou de s’inventer une nouvelle vie, est d’entrepreneurialiser ses projets, d’accroître sa valeur et d’améliorer sa notation et son classement. » (p. 36-39)

Il y a là une transformation anthropologique majeure de l’homo œconomicus. Celui-ci ne se pense plus comme un être dont les besoins doivent être satisfaits par l’échange, comme l’avait cru l’économie classique. Il se pense désormais comme une unité de capital dont les possibilités de rendement, dans toutes les sphères de la vie, se lient indissolublement à la santé économique de la nation. « Au lieu que chaque individu poursuive son intérêt propre et génère involontairement un bénéfice collectif, c’est désormais au projet de croissance macroéconomique et de rehaussement du crédit que les individus néolibéraux sont asservis et c’est sur lui que leur existence en tant que capitaux humains doit s’aligner s’ils veulent prospérer » (p. 91). Les dernières évolutions de la pensée économique, comme la Nouvelle Macroéconomie Classique fondée sur l’hypothèse des anticipations rationnelles des individus, procèdent de cette même thèse générale, quoiqu’en la dépouillant de sa dimension critique. Quant à elles, les sociologies contemporaines de la condition individuelle confirment l’alchimie décrite par Brown entre injonction à la responsabilité et dé-sécurisation des individus, « constamment menacés de superfluité et d’abandon » (p. 40) [4]. Cela atteste la pertinence tant économique que sociologique de la thèse de l’auteure, pour autant qu’elle reste dépourvue de toute démonstration empirique.

Ce nouvel homo œconomicus détrône l’homo politicus, « la créature animée par le désir de souveraineté populaire autant que par celui de sa souveraineté individuelle » (p. 92). Cette créature n’est rien d’autre que le dèmos [5] : la fiction anthropologique sur laquelle se sont bâties les Constitutions libérales modernes ; cette même fiction qui nous a fait sortir de l’Ancien Régime et de la tyrannie, et qui est désormais menacée d’extinction.

Voyons pourquoi. Sous l’égide du néolibéralisme, la démocratie libérale scie la branche sur laquelle elle est assise : l’individu comme « fin en soi », doté de droits inaliénables et pensé comme être libre et égal. Sa marchandisation [6] atteint ses qualités politiques fondamentales : ces mêmes qualités que le libéralisme avait placées au fondement du contrat démocratique. « Dans une démocratie composée de capital humain figurent des gagnants et des perdants, mais ni égalité de traitement ni égalité de protection » (p. 41). Lorsque l’inégalité entre les gagnants et les perdants est naturalisée, le droit perd son sens : « La promesse du contrat social, écrit Brown, réside dans la consécration de l’égalité par la prééminence du droit (rule of law) et par son application » (p. 68). Dans les sociétés néolibérales, le droit est instrumentalisé afin de le rendre compatible avec la légitimation de l’inégalité résultant de la concurrence : « la prééminence du droit est formelle plutôt que substantielle » (p. 71). Le droit est soumis à la logique économique, et son effet protecteur et égalisateur sur les individus strictement secondaire (p. 161-186).

Aussi l’attaque du néolibéralisme contre la démocratie est très profonde. Il est à craindre, suggère Brown, que dans un temps proche les individus intégreront parfaitement le postulat de l’inégalité naturelle en fonction de la réussite, et échangeront leurs libertés publiques contre la maximisation de leur valeur entrepreneuriale [7]. Ce qui rendra la démocratie totalement superfétatoire ! Et au marché de s’autoréguler sans entraves ! Les valeurs humanistes suivraient alors l’idée démocratique dans sa déchéance. Notre civilisation moderne est fondée en effet sur le principe de la réalisation de l’humanité au-delà de la « vie déterminée par la nécessité » (Marx), en lien aux manifestations les plus élevées de l’esprit humain : la créativité, l’amour, la fraternité. Ce n’est pas le cas de la civilisation néolibérale, qui réduit l’humanité à la nécessité, à l’égoïsme et à l’intérêt. « Le néolibéralisme escamote cet “au-delà” et rejette “ce qu’il y a de plus élevé” dans notre nature : le règne normatif d’homo œconomicus dans toutes les sphères signifie qu’il n’est pas de motivations, d’efforts et d’aspirations en dehors de [ceux] économiques, que l’humanité des êtres humains se réduit à “la simple vie”. Le néolibéralisme est la rationalité par laquelle le capitalisme engloutit pour finir l’humanité » (p. 47). Le capitalisme néolibéral aurait réalisé le pronostic foucaldien de la fin des Mots et les choses, en effaçant l’homme de l’humanisme comme valeur et comme concept, « comme à la limite de la mer un visage de sable ».

Contre la « dé-démocratisation néolibérale », Wendy Brown ne propose ainsi rien que… de revitaliser la démocratie ! C’est un double programme. Premièrement, il s’agit de pousser la gauche à reconnaître que la démocratie est le grand combat de notre temps, la lutte qui les contient toutes, une lutte « beaucoup plus essentielle à la réalisation d’un futur vivable que ne le reconnaissent les programmes de gauche centrés sur la gouvernance mondiale, le gouvernement des experts, les droits de l’humain, l’anarchisme ou les variantes anti-démocratiques du communisme » (p. 11). La lutte démocratique devra remplacer, à l’avenir, la lutte des classes, quitte à condamner la démocratie et la gauche à l’extinction. L’auteure ne donne pas ici de stratégie concrète, mais se contente d’énoncer un nouveau programme général pour la gauche, partagé par les théoriciens contemporains de la démocratie radicale. Deuxièmement, il s’agit de réconcilier la démocratie avec son nom et son opérateur : le dèmos. « Lorsque la citoyenneté n’est plus définie comme souci du bien public et que le citoyen est réduit à un homo œconomicus, c’est l’idée même du peuple qui disparaît, l’idée même d’un dèmos affirmant sa souveraineté politique collective » (p. 42). Une démocratie opposée au néolibéralisme est donc une démocratie sise sur « le pouvoir du peuple » (p. 48), sur la « participation populaire à la vie politique » (p. 46), sur « une égalité et une liberté politiques inclusives et partagées » (p. 48). Bref : un « auto-gouvernement politique par le peuple, quelle que soit la définition que l’on propose du peuple » (p. 20). Cette politique, que je qualifierais volontiers de populiste, s’oppose à toute interprétation élitiste de la démocratie [8]. Mais elle semble hypothéquée par le refus d’une définition claire du peuple : c’est à cette seule condition qu’une politique populiste pourrait renouveler la démocratie [9].

Il y a aussi autre chose. Même si ce livre se situe clairement dans le champ de la théorie politique, et ne prétend pas œuvrer à une sociologie de terrain, il serait intéressant de tester empiriquement ses hypothèses sur la réalité sociale. Il s’agirait, tout d’abord, d’objectiver les effets ambivalents du néolibéralisme sur la subjectivité des individus, à l’aide d’entretiens et d’observations portant sur une multitude de pratiques sociales (dans les champs du travail, de la consommation, de la famille, de la sexualité, de l’éducation, de la culture, etc.). Il faudrait, ensuite, pouvoir observer l’ensemble des tactiques, des résistances, des escamotages que les individus trouvent face aux effets assujettissants de la condition néolibérale, lorsqu’ils en font la cause de leur incertitude, de leur angoisse, de leur solitude. Il faudrait, enfin, confronter ces résultats à l’observation des effets, sur les individus, des mouvements des places de 2011-2016, comme Nuit debout, Occupy Wall Street ou les Indignados. Ces mouvements ont pris en effet la civilisation néolibérale, et le « monde » qu’elle cherche à constituer comme seul monde possible, pour cible. Ces trois enquêtes imbriquées permettraient sans doute de nuancer la thèse ambitieuse de Brown d’un affaiblissement des conditions anthropologiques de possibilité de la démocratie. Le pessimisme de l’auteure, parfaitement cohérent avec son positionnement critique (p. 239-242), pourrait être alors, du moins en partie, déplacé par les sciences sociales. La balle est désormais dans leur camp.

par Federico Tarragoni, le 20 mars 2019

Federico Tarragoni, « Le néolibéralisme contre la démocratie », La Vie des idées , 20 mars 2019. ISSN : 2105-3030. URL : https://laviedesidees.fr/Le-neoliberalisme-contre-la-democratie.html

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Le charme discret de la vie politique allemande

La France aurait bien des leçons à tirer du dernier scrutin allemand. La vie politique allemande, et ses responsables publics, n’ont peut-être pas le panache et le goût du spectacle que l’on peut cultiver de ce côté-ci du Rhin. Mais cette discrétion n’est-elle pas au fond la force d’une grande démocratie ? se demande Dominique Moïsi.

Le charme discret de la vie politique allemande

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La France aurait bien des leçons à tirer du dernier scrutin allemand. La vie politique allemande, et ses responsables publics, n’ont peut-être pas le panache et le goût du spectacle que l’on peut cultiver de ce côté-ci du Rhin. Mais cette discrétion n’est-elle pas au fond la force d’une grande démocratie ? se demande Dominique Moïsi.

Dans un livre publié en 2019, « Learning from the Germans : Race and the Memory of Evil » (Apprendre des Allemands : race et mémoire du mal), Susan Neiman – la directrice américaine de l’Einstein Forum de Berlin – appelait « le maître » à s’inspirer de « son élève » en matière de démocratie. Face à ses divisions, à ses dérives, et à son incapacité à confronter et transcender les traumatismes issus de son passé (sinon de son présent de discrimination raciale), l’Amérique avait beaucoup à apprendre de l’Allemagne : un pays qui a su mieux que d’autres faire oeuvre de repentance et traiter la question de la mémoire. N’est-il pas plus « simple » aujourd’hui d’être juif en Allemagne, que noir aux Etats-Unis ?

Au lendemain des élections allemandes et à six mois de l’élection présidentielle en France, on peut se demander également, si les Français n’ont pas, eux aussi, à « apprendre des Allemands » sur le plan politique ? Il est certes légitime de s’inquiéter du vide que risque de connaître la première puissance économique européenne au cours des semaines, sinon des mois à venir : le temps que s’installe une nouvelle coalition autour d’un contrat de gouvernement.

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Menace et manipulation entre le média identitaire « Livre noir » et l’humoriste Yassine Belattar

Menace et manipulation entre le média identitaire « Livre noir » et l’humoriste Yassine Belattar

C’est après le tombé de rideau que la mauvaise farce a commencé, au Théâtre de Dix Heures, dans le 18e arrondissement de Paris. La mine grave, Jordan Florentin, 28 ans, « rédacteur en chef du service politique » de Livre noir, jeune média en ligne proche de l’extrême droite, a posté, le 20 novembre, une vidéo lourdement accusatrice : « Hier soir, Yassine Belattar m’a retenu enfermé pendant une heure, grille baissée, dans son théâtre, pour avoir réalisé avec mon collègue des interviews de son public dans la rue, avant son spectacle. Menacé de mort, séquestré… La police est finalement arrivée. J’ai déposé plainte. »

Son message fait grand bruit. Le jeune homme est invité dans la foulée sur CNews et C8 ; Eric Zemmour vitupère sur Twitter contre « la racaille [qui] se croit tout permis » ; Marion Maréchal réclame que « justice soit faite ». L’affaire est pourtant loin d’être limpide. Yassine Belattar et cinq témoins interrogés contestent fermement la version de Livre noir. « Ce sont les méthodes trumpistes : créer des fake et se victimiser pour montrer que les immigrés sont des sauvages », dénonce même le producteur de théâtre Thomas Barbazan.

Jordan Florentin, qui travaille à Livre noir depuis le 1er octobre mais sans carte de presse, et s’appelle en réalité Jordan Da Rocha, n’a pas porté plainte pour « séquestration » mais pour « un vol de trottinette électrique », « diffamation », « violence sans incapacité de travail » et « menace de mort réitérée ». Le 19 novembre, il s’était rendu incognito au spectacle avec un assistant pour tourner un reportage sur l’humoriste nommé en 2018 par Emmanuel Macron au conseil présidentiel des villes (avant d’en démissionner en 2019). Ils ont d’abord interrogé plusieurs personnes sur le trottoir – « Pensez-vous que Belattar est islamo-gauchiste ? ». « Cet homme n’a pas décliné le média pour lequel il travaillait, a déclaré à la police le producteur du théâtre, qui a déposé une main courante, et n’a fait signer aucune autorisation de diffusion aux personnes interrogées. »

Puis Jordan Florentin présente un passe sanitaire au nom d’Adolf Hitler. Interloqué, le contrôleur le laisse entrer et le jeune homme confie sa trottinette au producteur. Il assure ne pas avoir filmé dans la salle, mais Thomas Barbazan en doute et rappelle que le spectacle est une propriété privée et qu’on n’a en aucun cas le droit de le diffuser.

En fin de soirée, Yassine Belattar papote avec son public et les deux jeunes hommes s’attardent. Soudain, le garde du corps de l’humoriste leur signale qu’ils ont été identifiés. Une dizaine de spectateurs protestent contre leurs méthodes. « Nous avons alors subi un lynchage verbal des personnes présentes, nous nous sommes fait traiter de fachos et de nazis », indique le jeune homme dans sa déposition. « Ils étaient en troupeau », complète-t-il, choqué. C’est là que Yassine Belattar reconnaît Jordan Florentin, qui avait réalisé une vidéo pour Livre noir à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

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La Source: Le Monde

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Black Friday 2021 : recevez nos alertes bons plans ! Voir un exemple Félicitations ! Vous êtes désormais abonné à notre newsletter. Nous vous remercions de votre abonnement, vous recevrez prochainement nos newsletters Linternaute. Une erreur est survenue. Veuillez réessayer. Les informations recueillies sont destinées à CCM Benchmark Group pour vous assurer l’envoi de votre newsletter. Elles seront également utilisées sous réserve des options souscrites, à des fins de ciblage publicitaire. Vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification de vos données personnelles, ainsi que celui d’en demander l’effacement dans les limites prévues par la loi. Vous pouvez également à tout moment revoir vos options en matière de ciblage. En savoir plus sur notre politique de confidentialité. SommaireMeilleures télés 4K du Black FridayTV 4k moins de 2000 eurosMeilleures TV HD TV pas chères du Black FridayTV 8K du Black FridayTV Samsung du Black Friday[Mis à jour le 24 novembre à 13h14] Place aux deals, prix barrés et promos “exceptionnelles” sur les TV ! A moins de 48 heures du Black Friday, les offres sont déjà nombreuses sur les TV, qu’elles soient OLED, QLED, connectées, 4K ou même 8K, une technologie jusque-là particulièrement onéreuse et qui commence à devenir enfin plus accessible, surtout en cette période de promotions à tout-va. Ce mercredi, c’est sur de la TV OLED que l’on trouve sans doute la promotion la plus intéressante.La rédaction a effectivement déniché pour vous une offre exceptionnelle sur une télévision Oled, la toute dernière technologie permettant une résolution d’image et une profondeur inégalée. 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Linternaute vous propose ci-dessous une sélection de télévisions bénéficiant de promotion, en rappelant que durant cette grande opération Black Friday 2021, il convient de bien comparer les prix entre les sites de vente en ligne. Les offres promotionnelles ci-dessous sont donc listées avec les tarifs proposés par la concurrence.Meilleures TV HD du Black Friday à moins de 1000 eurosUne télévision 4K HD, c’est tout de même l’assurance d’un bel écran pour des moments de cinéma à la maison. Les TV à prix contenu, si on cherche bien, se trouvent dès à présent sur cette gamme au début de ce Black Friday 2021. Les modèles les plus élaboré sont les plus chers, mais sont tellement recherchés qu’ils bénéficient souvent de quelques offres éphémères pour écouler les stocks en quelques jours.PHILIPS 55PUS7556 – TV LED UHD 4K – 55″ (139cm) – Smart TVCdiscount878,41 €499,99 €Voir Rakuten725,55 €Voir Fnac732,00 €Voir LG OLED 48C15LA 48″ 4K UHD (2160p)Amazon1139,00 €959,00 €Voir Fnac959,00 €Voir Materiel.net1189,94 €990,00 €Voir Rakuten999,00 €Voir La Redoute999,00 €Voir Boulanger1490,00 €999,00 €Voir LDLC.com990,00 €1189,94 €Voir Hisense 65U8GQ – TV 4K UHD HDR – 164 cmFnac1184,00 €984,00 €Voir Cdiscount990,00 €Voir Materiel.net1179,95 €990,00 €Voir LDLC.com990,00 €1179,95 €Voir Amazon1336,54 €Voir Rakuten1417,97 €Voir La Redoute1425,99 €Voir TV Philips 70PUS8546 70″ The One 4K UHDFnac1284,00 €784,00 €Voir Rakuten940,99 €Voir TV OLED PHILIPS 48OLED806Fnac958,53 €Voir Materiel.net992,95 €Voir LDLC.com992,95 €Voir Amazon999,00 €Voir Rakuten999,00 €Voir Promotions du Black Friday sur les télés 4KHD à moins de 2000 eurosLes télévisions dont les prix sont compris entre 1000 et 1500 euros sont au coeur d’une petite guerre des prix, que la concurrence active encore plus fortement durant le Black Friday 2021. On retrouve des promotions d’ampleur et des rabais significatifs sur cette cible : les TV pour lesquelles il faut préparer un budget important, mais sans entrer dans le très haut de gamme.LG OLED65C1 65″ 4K UHD Smart TVRakuten1699,00 €Voir Amazon1820,00 €Voir Cdiscount1881,46 €Voir Fnac2284,00 €1884,00 €Voir La Redoute1884,00 €Voir Materiel.net1889,95 €Voir LDLC.com1889,95 €Voir Boulanger2590,00 €1890,00 €Voir Rue du Commerce2096,38 €Voir TV Xiaomi Mi TV Q1 75″ QLED 4K UHD Android TV NoirFnac1784,00 €1184,00 €Voir Rakuten1419,99 €Voir Panasonic TX-55JZ1000E – TV OLED 4K UHD HDR – 140 cmRakuten1022,06 €Voir Fnac1023,00 €Voir Materiel.net1479,95 €1090,00 €Voir Amazon1148,00 €Voir LDLC.com1090,00 €1479,95 €Voir Philips 65OLED935 – 65″ 4K UHD (2160p)Rakuten1599,99 €Voir Fnac2484,00 €1649,00 €Voir Materiel.net1799,95 €Voir LDLC.com1799,95 €Voir Amazon1990,00 €Voir Rue du Commerce2880,00 €Voir Cdiscount4397,85 €2928,00 €Voir TV Oled LG 65B1Rakuten1679,00 €Voir Fnac1784,00 €1684,00 €Voir La Redoute1690,00 €Voir Boulanger1890,00 €1690,00 €Voir Cdiscount1922,89 €Voir Amazon2109,97 €Voir Meilleures TV haut de gamme du Black FridayLes télévisions les plus chères sont souvent les meilleures, il n’y a pas de secret. Elles intègrent des technologies de pointe, qui rendent l’image et le son d’une toute autre qualité que les TV vendues sur le marché à moins de 2000 euros. Mais même sur ce marché du haut de gamme, toutes les offres ne se valent pas : il faut donc comparer les produits en promotion lors de ce Black Friday 2021, voici notre sélection pour le faire en quelques secondes.LG 86NANO91 86″ 4K UHD Smart TVFnac2984,00 €2284,00 €Voir Boulanger3490,00 €2290,00 €Voir Cdiscount2911,20 €Voir Amazon2943,50 €Voir Rakuten2944,51 €Voir TV Sony OLED XR65A90J 65″ 4K UHD Bravia XRFnac3584,00 €2984,00 €Voir Boulanger3590,00 €2990,00 €Voir Rue du Commerce3637,67 €Voir Rakuten4554,79 €Voir TV LED Sony XR75Z9J Google TV 2021Fnac5984,00 €Voir Boulanger6990,00 €5990,00 €Voir Rakuten7586,37 €Voir Vidéoprojecteur Samsung The Premiere LSP7 4K UHD Rakuten2363,26 €Voir Fnac3484,00 €2443,70 €Voir Amazon2489,00 €Voir Materiel.net2629,95 €2489,00 €Voir Boulanger3490,00 €2490,00 €Voir La Redoute2516,03 €Voir LDLC.com2499,00 €2629,95 €Voir TV pas chères durant le Black FridayLe Black Friday permet de faire baisser les prix des télévisions peu chères, mais les rabais sont souvent moins intéressants que sur les modèles plus perfectionnés, les prix étant déjà tirés vers le bas toute l’année sur les modèles d’entrée de gamme. S’offrir une télévision pas chère durant le Black Friday fait malgré tout complètement sens, les prix sont rarement aussi contenus, à moins de 400 euros, voire même moins de 200 euros. Voici une petite sélection de TV qui mérite le coup d’oeil.TV Xiaomi Mi P1 32″ HD SmartFnac244,99 €194,99 €Voir Amazon299,00 €205,00 €Voir Rakuten209,99 €Voir Cdiscount246,89 €Voir TV Xiaomi MI TV P1 43″ 4K UHD Smart TV Amazon499,00 €329,00 €Voir Fnac494,99 €344,99 €Voir Rakuten352,90 €Voir TV LED HISENSEFnac389,99 €289,99 €Voir Materiel.net299,95 €Voir LDLC.com299,95 €Voir La Redoute299,00 €Voir Boulanger329,00 €299,00 €Voir Amazon395,99 €Voir Rakuten398,99 €Voir TV LED Samsung UE32T4305 2020Cdiscount249,00 €219,00 €Voir Fnac274,72 €Voir Rakuten280,90 €Voir Amazon291,67 €Voir La Redoute329,00 €Voir Boulanger329,00 €Voir TV 8K en promotion Black FridayLa technologie 8K s’est intégrée peu à peu aux télévisions : en quelques mois, de nombreux constructeurs – Samsung, Sony, LG, Hisense, TCL) ont mis sur les marché des télés de très haut de gamme. Le Black Friday 2021 permet aux grandes marques d’écouler leurs modèles s’ils proposent des rabais intéressant. Revue des offres actuelles.TV QLED Samsung QE65Q700T 8KFnac2684,00 €1484,00 €Voir Amazon1649,00 €Voir Rakuten2737,19 €Voir Cdiscount2903,26 €Voir Télés du Black Friday d’AmazonAmazon a lancé en France son Early Black Friday lundi 8 novembre, avec des promotions sur les télévisions. Attention, si vous attendez la date officielle du 26 novembre (date du Black Friday 2021) sans regarder les offres avant, il est possible que vous passiez à côté de certains téléviseurs en promotion. Voici une sélection de télévisions à prix barrés sur Amazon.Philips 7500 Series Téléviseur Smart TV 4K UHD LEDRue du Commerce836,35 €Voir Electro Dépôt839,00 €Voir Rakuten852,99 €Voir Fnac857,99 €Voir La Redoute859,99 €Voir CHiQ UHands Free Voice Control Frameless Smart Android TV,4K UHD469,99 €VOIR L’OFFREsur AmazonTélévision HiQ L40H7A, 40 Pouces, Android 9.0, Smart TV, FHDAmazon649,00 €499,00 €Voir Rakuten551,00 €Voir Cdiscount649,00 €554,00 €Voir Rue du Commerce656,93 €Voir Télévisions Samsung durant le Black FridayLes télévisions de la marque Samsung sont très recherchés durant le Black Friday. Samsung a pris les devants et propose d’ores et déjà sur son site des offres intéressantes sur ses TV haut de gamme. Samsung est l’un des acteurs importants du Black Friday, une page est en ligne pour l’édition 2021. Voici une sélection de TV à considérer pour le Black Friday 2021.TV Samsung Neo QLED 55″ QE55QN85A 4K UHDFnac1687,00 €1137,00 €Voir Cdiscount1178,42 €Voir Rakuten1181,24 €Voir Materiel.net1499,95 €1189,00 €Voir La Redoute1297,35 €Voir LDLC.com1189,00 €1499,95 €Voir Rue du Commerce1539,00 €Voir TV LED SAMSUNG SMART TV 2021Fnac491,99 €451,47 €Voir Amazon499,99 €Voir Cdiscount501,91 €Voir La Redoute633,99 €Voir TV LED SAMSUNG QE43LS05TC THE SEROFnac1491,00 €991,00 €Voir La Redoute1213,99 €Voir Rakuten1829,57 €Voir Cdiscount2012,49 €Voir Les télévisions sont très vendues durant le Black Friday. Soyez vigilants et comparez-bien les différentes offres avant l’acte d’achat. Il est très utile de comparer les prix sur les différentes plateformes de vente en ligne ; parfois certains revendeurs gonflent l’ampleur des rabais.Source link : https://www.linternaute.com/actualite/guide-vie-quotidienne/1750307-black-friday-tv-une-tv-oled-a-700-euros-les-meilleures-promos/Author : Publish date : 2021-11-24 12:14:00Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

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Référence
laviedesidees.fr
www.lesechos.fr
europenewspapers.com
www.mondialnews.com

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