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En Afrique du Sud, des vers mangeurs d’insectes pour remplacer les pesticides

Solutions écolos efficaces pour éloigner les nuisibles sans pesticide

Limaces, pucerons, charançons ou encore cochenilles, certaines petites bêtes peuvent causer des dégâts au jardin.

Solutions écolos efficaces pour éloigner les nuisibles sans pesticide

Matthieu Maurer

JARDIN – Limaces, pucerons, charançons ou encore cochenilles, certaines petites bêtes, lorsqu’elles sont présentes en trop grand nombre, peuvent causer des dégâts au jardin.

On a tou-tes envie d’avoir un jardin respectueux de l’environnement et naturel. Mais on ne sait souvent pas comment se débarrasser des nuisibles sans produits chimiques. Voici 14 astuces 100% naturelles pour y parvenir !

Surtout ne chassez pas les hérissons de votre jardin ! Ce petit mammifère insectivore assure la préservation des espaces verts. C’est un allié indispensable.

Cette petite boule dont le dos est pourvu de 7 000 piquants chasse de nombreux nuisibles qui rendent bien souvent la vie dure à votre jardin : limaces, hannetons, mille-pattes et même les vipères !

© DieterMeyrl – iStock

Attention, il est interdit d’acheter ou de vendre un hérisson, à cause de la diminution de sa population. Mais vous pouvez les attirer dans votre jardin, avec un abri pour hérisson ! Et s’ils sont biens, peut-être resteront-ils !

Une technique japonaise ancestrale consiste à collaborer avec des canards pour désherber naturellement les rizières. Cette méthode peu conventionnelle a été importée en France, dans les rizières camarguaises.

Un riziculteur du sud de la France, Bernard Poujol, laisse 1200 canards se promener en liberté sur son exploitation pour qu’ils se nourrissent des mauvaises herbes.

© Kanmu – iStock

Si vous n’avez pas de riziculture, les canards se chargeront de dévorer les limaces du jardin !

Une vidéo ici :

Tous les insectes ne sont pas nécessairement nocifs pour votre jardin, et pour preuve ! Avez-vous déjà entendu parler des insectes auxiliaires ?

La coccinelle, le chrysope ou encore le carabe sont de parfaits alliés pour protéger votre jardin contre les chenilles, les limaces et pucerons. Pour cela évidemment, il faut arrêter d’utiliser de l’insecticide !

© BruceBlock – iStock

Pour en faire des alliés de votre jardin, vous pouvez fabriquer des hôtels à insectes que vous pouvez ou encore des gîtes à coccinelles, comme dans la vidéo ci-dessous :

Il est vivement conseillé de ne pas semer vos plantes à la pleine période de ponte des insectes ravageurs (pucerons, charançons ou chenilles xylophages).

Il est donc recommandé de semer tôt au printemps ou tard en été, lorsque les légumes le permettent bien évidemment !

L’ortie n’est pas souvent la plante la plus appréciée du jardin en raison des piqûres qu’elle occasionne. De plus elle est difficile à éliminer du jardin à cause de ses racines notamment.

© MarioGuti – iStock

Mais ne les jetez pas surtout ! Les orties, lorsqu’on les fait macérer dans l’eau forment un purin particulièrement efficace contre certains insectes, comme les pucerons. Le purin forme une espèce de répulsif contre les nuisibles.

Attention toutefois à l’odeur très forte, pensez donc à le préparer et à l’épandre loin de votre maison.

Une autre “recette de grand-mère”, à base de fougère cette fois. Cette plante sauvage est un traitement préventif contre les taupins, les pucerons et même la rouille.

© Rike_

En effet, riches en tanin et en aldéhyde, les fougères, en plus d’être utilisées sous forme de paillis au jardin, sont utiles pour éloigner les “ravageurs”. Pour cela, faites les macérer dans l’eau, puis pulvériser le tout sur vos plantes.

Certaines plantes se protègent mutuellement contre tous les insectes qui leurs sont nuisibles et peuvent diminuer le risque de maladie, on les appelle les plantes compagnes.

Connaître ce genre d’associations de plantes est un atout essentiel pour s’occuper de votre jardin naturellement. Un tableau existe et indique quels légumes sont compatibles ou non.

On y apprend par exemple que l’ail lorsqu’il est associé à la carotte, aux betteraves ou encore aux fraisiers éloigne les insectes.

Marie Cochard, dans son ouvrage “les épluchures”, livre une quantité d’idées pour utiliser ceux de vos fruits et légumes pour entretenir votre jardin.

Votre jardin est envahi d’insectes ou de parasites (chenille, vers ou encore araignées) ? Votre meilleur allié est sans aucun doute le céleri et le basilic. L’odeur très forte qu’ils dégagent les fait se carapater en un rien de temps.

Les pelures de banane éloignent les pucerons et petits parasites. Pour se faire, cela nécessite une petite préparation.

Plongez-donc leurs pelures dans l’eau bouillante pendant 10 minutes. Puis mettez-là dans un pulvérisateur afin de pouvoir pulvériser vos plantes qui sont couvertes de pucerons.

Les limaces et autres escargots peuvent vite devenir indésirables au jardin. Alors pour leur donner envie d’aller baver ailleurs, posez des épluchures de concombre sur de l’aluminium.

On place donc les épluchures sur une feuille d’aluminium, la réaction chimique qui se produit éloigne les gastéropodes. Une association étonnante mais imparable.

Le seul problème avec le concombre, c’est qu’il attire les mouches. Alors pour s’en débarrasser, on dispose quelques pieds de brocolis à proximité desdits concombres. Vous verrez, les mouches iront voler ailleurs.

Rien de tel que les écorces de citron pour éloigner les fourmis. Pour leur faire changer leur chemin, on les dispose sur leur route. Vous verrez, elles trouveront rapidement un nouvel itinéraire.

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C’est au début des années 1960 qu’un scientifique serbe a découvert les qualités incroyables des pépins de pamplemousse pour la santé. L’extrait des pépins serait même un excellent antibiotique.

Grâce à sa fonction anti-microbienne, les pépins sont utilisés pour éloigner les pucerons, limaces et autres sectes parasites dans le cadre de l’agriculture. En plus de cela, ils ne détruisent pas les bactéries bénéfiques.

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Le marc de café a des vertus étonnantes : désodorisant naturel, nettoyant pour cheminée ou encore piège à cafards. Mais ce que l’on sait moins c’est qu’il permet d’éloigner les limaces et les escargots du jardin !

Cette barrière naturelle est aussi très efficace contre les fourmis car ces dernières n’apprécient guère l’acidité du café.

L’impact des pesticides utilisés en lutte contre le criquet pèlerin (schistocerca gregaria Forskål, 1775) (orthoptera, acrididae) sur deux espèces de pimelia (coleoptera, tenebrionidae)  au Niger

The evaluation of the impacts of chlorpyrifos ethyl and of fenitrothion on Pimelia tschadensis and Pimelia grandis mixta (Coleoptera, Tenebrionidae) was led in the valley of Tafidet (one of the summer breeding area of desert locust in Niger). The experiments were led from July to December 2004. The chemical treatments were carried out by means of an apparatus carried with hand provided with a rotary disc (MicroUlva®, Micron Sprayer Ltd, Bromyard, UK). We carried out three treatments and three repetitions according to an experimental device in complete random block. The chlorpyrifos ethyl was applied to the amount of 225 g a.i./ha; the fenitrothion with the amount of 450 g a.i./ha and a control. We used traps tubes (interception for ground arthropods) some to account for the relative abundance of the insects. The interval of time of follow-up was 94 days (4 days before treatment and 90 days after treatment). The results of this study showed that the pesticides used had a noxious effect (harmful) on the two species of Pimelia. The effects of the fenitrothion varied from 85% to 74% on P. tschadensis respectively with phases I (1-12 days) and II (16-24 days) and from 76 to 65% on P. grandis mixta with the same intervals of time. With the chlorpyrifos ethyl, these effects from 85 to 76% on P. tschadensis (phase I to phase II) and from 79 to 69% on P. grandis mixta (phase I to phase II). According to the classification of FAO, these risks are regarded as high (>75%). In phase III (28 to 90 days), the effects of the pesticides were almost non-existent with low classified risks (< 25%).

L’impact des pesticides utilisés en lutte contre le criquet pèlerin (schistocerca gregaria Forskål, 1775) (orthoptera, acrididae) sur deux espèces de pimelia (coleoptera, tenebrionidae)  au Niger

1Dans les zones arides et semi-arides d’Afrique et d’Asie, le Criquet pèlerin (Schistocerca gregaria Forskål 1775) et les sauteriaux jouent un rôle très important dans la déprédation des cultures et des zones de pâturages (Uvarov, 1957, 1977; Popov, 1958, 1980; Krall, 1994; van Huis, 1994 ; Bashir et al., 1998).

2Les moyens de lutte jusque là utilisés pour combattre ces insectes sont essentiellement d’ordre chimique.  Le Niger utilise annuellement 130.000 litres (1994 à 2003) de pesticides chimiques dans la lutte anti-acridienne (DPV, 2003).

3Les pesticides chimiques antiacridiens ne sont pas spécifiques aux seuls acridiens, ils ont souvent un effet réducteur sur  des ennemis naturels des acridiens, sur des oiseaux et sur des insectes d’utilités agronomiques (Greathead, 1963, 1992 ; Popov, 1980 ; van der Valk, 1990 ; Amene et Vajime, 1989; Peveling et al., 1994, 1997, 1999, 2003; Mullié et Keith, 1993 ; Balança et De Visscher, 1997).  

4Les pesticides sont également dangereux pour la santé humaine, en effet, une étude de 2001 conduite en Californie montre que la mort du fœtus due à une anomalie congénitale est plus fréquente chez les mères qui vivent pendant leur grossesse dans une aire de 9 miles carrés autour d’un endroit où l’on a pulvérisé des pesticides. La mort du fœtus due à une anomalie congénitale est plus fréquente encore si l’exposition de la mère aux pulvérisations de pesticides a eu lieu entre la 3ème et la 7ème semaine de grossesse (Bell et al., 2001).

5De plus, plusieurs études montrent que 80 à 90% de la dose de pesticide appliquée  n’atteint pas la cible, ils se volatilisent (Glotfelty et al., 1984 ; Taylor  et Spencer, 1990 ; Bedos, 2002). L’objectif de cette étude est d’évaluer en plein, dans un agrosystème désertique (versant Est des massifs de l’Aïr), l’effet de chlorpyrifos éthyle et de fénitrothion aux doses recommandées par la FAO (FAO, 1998) en lutte contre le Criquet pèlerin sur deux espèces du genre Pimelia (Coleoptera, Tenebrionidae).

6Dans les biocénoses désertiques, les ténébrionides constituent plus de 50%  des arthropodes  (Peveling et al., 1994). Aussi, certaines espèces telles les Pimelia sont des prédateurs d’acridiens (Ashall et Ellis, 1962 ; Greathead, 1992 ; Popov et al., 1990; van der Valk, 1998).

7Ces deux pesticides ont été choisis, en raison de leur utilisation régulière au Niger dans la lutte contre les sauteriaux et les locustes. Au Niger, cette étude pourrait constituer une première, puisqu’il n’existe pas à notre connaissance des données fiables et statistiquement exploitables relatives aux effets de ces pesticides sur l‘entomofaune du versant Est des massifs de l’Aïr.

8Les expérimentations ont été conduites à environ 350 km au nord – est d’Agadez  (Niger),  dans la vallée de Tafidet (18°09’16N/09°30’52E ; 672 m d’altitude), l’une des vallées les plus importantes du versant Est des massifs de l’Aïr (Takolokouzet). C’est une zone de collecte d’eau, disposant d’une vaste zone d’épandage se prolongeant jusqu’aux portes du Sahara (Ténéré). La vallée de Tafidet (figure 1) fait partie de la Réserve Naturelle Nationale de l’Aïr et du Ténéré (Giazzi, 1993). La genèse des précipitations dans la région de l’Aïr est liée aux phénomènes atmosphériques généraux de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi aux ascendances orégéniques dues aux montagnes de l’Aïr. Le climat est de type tropical sud-saharien, avec un indice pluviométrique (IP) = 0 mm < IP <  200 mm (Saadou, 1990).

9Les hauteurs de pluies enregistrées ont varié de 0 mm (d’octobre à décembre 2004) à 27.67 mm au mois d’août 2004 (Figure 2). Sur le plan mensuel, le mois d’août a représenté à lui seul environ 50% des volumes précipités.  Les températures ont oscillé de 9.95 ± 2.16 °C à 40.3 ± 1.1°C (de décembre à  juillet 2004)  (Figure 1), les humidités relatives ont varié de novembre à août 2004 de 9.45 ± 3.39 % à 41.76 ± 10.47%, les températures et les humidités relatives ont été enregistrées avec un appareil de type MétéoStar Oregon Scientific Limited model numéro BAR898HG, fixé à 120 cm au dessus du sol sous abris. Les vitesses du vent relevées à l’aide d’un anémomètre du type SPER Scientific model numéro 840003, ont varié de novembre à août  de 3.56 ±1.04 m/s à 5.56 ± 2.30 m/s (Figures 3). Le vent dominant venait d’est (267°).

10Le sol avait une texture grossière avec plus de 90% des sables, pauvre en matière organique (< 1%) et en azote (< 3%). La réaction du sol dans ses 20 premiers cm est fortement acide (pH = 5.4).

11La composition floristique était constituée de Schouwia thebaica (couverture 50 à 75%), de  Panicum turgidum (< 5 %), d’Acacia ehrenbergiana (< 5 %), d’Acacia raddiana (< 5 %)etde Balinites aegyptiaca (< 5 %).

12Ces espèces végétales classées d’après van der Maarel (1979) ont été relevées le long de deux transects parallèles (1000 m de distance) de juillet à octobre 2004.  Cinquante  points d’échantillons (10 m x 10 m, distants de 500 m) ont été échantillonnés en trois répétitions (23/07 à 21/08; 22/08 à 20/09et 21/09 à 20/10/2004). Pour chaque intervalle de temps les mêmes points ont été échantillonnés, en essayant d’échantillonner les zones les plus homogènes que possibles tout en excluant les zones où la végétation a été très éparse ou des zones de transition.

13Le dispositif utilisé était un bloc aléatoire complet avec trois répétitions et trois traitements (chlorpyrifos éthyle, fénitrothion et témoin où aucune pulvérisation chimique n’a été appliquée). Les blocs étaient distants entre eux de 1000 m. Les unités expérimentales étaient des carrés de 9 hectares (300 m x 300 m), distantes entre elles de 500 m. Les blocs ont été disposés perpendiculairement à la source  d’hétérogéinité que nous avons tenté de contrôler, il s’agissait dans cette étude du gradient de végétation.

Figure 1. Réserve Naturelle de l’Aïr et du Ténéré, Giazzi, 1993

14Pour rendre compte de l’abondance relative des insectes avant et après les applications chimiques, des pièges en tube (tube en polypropylène de 11.5 cm de long, de 4.5 cm de diamètre et de 175 ml de volume) ont été utilisés. Ces tubes contenaient préalablement 10 ml de formaline à 0.5% (liquide conservateur) et 75 ml d’eau savonneuse. Les tubes ont été enterrés dans le sol de telle sorte que leur bord supérieur effleurait la surface du sol. Les tubes ont été disposés le long de deux transects se coupant au centre de l’unité expérimentale.

15Vingt  tubes par transect ont été placés, distants de 2 m l’un de l’autre (Peveling et al., 1999), au total 360 tubes pour les 9 unités expérimentales composant l’ensemble du dispositif expérimental.

16Les intervalles de temps de suivi ont été de 4 jours correspondant  à un optimum de collecte que nous avons vérifié par des tests préliminaires. A partir de j+32, les intervalles de temps ont été de 7 jours ; puis après, d’un mois (la faiblesse des captures vers la fin, a motivé l’allongement de l’intervalle de suivi).

17Les insectes ainsi collectés ont été triés par groupe taxonomique, comptés et des échantillons ont été conservés dans de l’alcool à 70° pour des identifications ultérieures au niveau du Centre Régional Agrhymet de Niamey (Niger) et à  British Muséum (Angleterre). Afin d’apprécier les effets à court terme (I), moyen terme (II) et long terme (III) des pesticides sur les insectes, nous avons divisé la période post-traitement en trois phases, la phase I (1 à 12 jours), la phase II (1­6 à 24 jours) et la phase III (28 à 90 jours).

18Le chlorpyrifos éthyle (son nom chimique selon IUPAC1 est de l’O,O-diéthyl-O,3,5,6-trichloro-2-pyridinyl phosphothioate ; C9H11Cl3NO3PS ; nom commercial Dursban® 450 UL ; firme Dow AgroSciences) et le fénitrothion (son nom chimique selon IUPAC est de l’O,O-diméthyl O-4-nitro-m-tolylphosphorothioate ; C9H12NO5PS ; nom commercial Sumithion® L-50 ; firme Sumitomo Corporation) en formulation ULV, ont été appliqués au moyen d’un appareil porté à la main muni d’un disque rotatif (MicroUlva®). Les pesticides ont été appliqués entre 6 h et 9 h du matin, afin d’éviter les phénomènes de convection consécutifs à l’élévation des températures. Les doses de 225 g m.a/ha de chlorpyrifos éthyle et de 450 g m.a/ha de fénitrothion ont été appliquées conformément aux directives de la FAO sur la lutte contre le Criquet pèlerin (FAO, 1998). Tous les paramètres techniques et météorologiques enregistrés pendant les applications chimiques ont été consignés dans le tableau 1 ils sont conformes aux recommandations de la FAO en matière des traitements phytosanitaires (FAO, 1991).

Figure 2. Hauteur des pluies et températures (moyenne ± SE) enregistrées de juillet à décembre 2004 dans la vallée de Tafidet (Aïr, Niger).

Figure 3. Humidité relative et vitesse du vent (moyenne ± SE)  enregistrées de juillet à décembre 2004 dans la vallée de Tafidet (Aïr, Niger).

Tableau 1. Paramètres techniques et météorologiques lors des applications des pesticides.

Les données imprimées entre les colonnes sont similaires pour les deux pesticides.

19Nous avons utilisé l’analyse de la variance comme méthode de comparaison statistique basée sur le principe BACI (Impact Avant et Après Traitement) Stewart-Oaten et al. (1989) ; Underwood (1991). ANOVA à  un facteur fixe et ANOVA à trois critères de classification (blocs aléatoires, phases et traitements) modèle mixte ont été utilisées, complétées par des tests de comparaison des moyennes de Student – Newman –Keuls avec α = 0.05, si l’hypothèse nulle a été   rejetée. Les données ont été transformées par la formule Log (1+X) en vue d’homogénéiser les variances et d’assurer une normalité aux résidus (Sokal et Rohlf, 1981; Dagnelie, 1994). Les valeurs manquantes ont été corrigées en les multipliant par 40/ (40-m), où m est le nombre des pièges manquants (mmax = 4) (Peveling et al., 1999). Afin de vérifier, s’il  existe un degré de relation linéaire entre les différents traitements et le nombre de captures d’insectes, nous avons utilisé le cœfficient de corrélation de Pearson (r) que nous avons élevé au carré (r²). Le nombre de captures après les traitements (Tr) ont été corrigées par celles effectuées avant les traitements (Te) par la formule :

20C = Log (Tr+1) – Log (Te+1), si les valeurs de C ont été négatives, cela a supposé une  diminution de la population, autrement dit les captures dans les parcelles traitées ont été inférieures à celles des parcelles témoins; si les valeurs de C ont été positives, il y a eu une augmentation.

21En vue d’apprécier le niveau des risques encourus par chaque espèce de Pimelia aux différentes phases, nous avons utilisé la formule  de Henderson et Tilton  (1955) :   

22E (%) = 100 [1 – ((Cb.Ta ) / (Ca.Tb))]

23Où Cb (Tb) =  la somme des captures dans toutes les unités expérimentales témoin (avant traitement) et Ca  (Ta), les captures après les traitements dans les phase I, II et III.  Les risques étaient considérés hauts (> 75%), bas (25–75%) et faibles (< 25%) FAO (1998). Le logiciel SPSS 11.5 a été utilisé pour les analyses statistiques.

24Au total 2617  insectes du genre Pimelia ont été capturés à l’aide des pièges en tube sur l’ensemble des neuf unités expérimentales, soit 1700 P. grandis mixta (65%) et 917 P. tschadensis (35%).  Les deux espèces de Pimelia ont été toutes sensibles aux pesticides utilisés, avec des captures faibles dans la phase I comparativement aux parcelles témoins où le nombre d’insectes capturés par les pièges en tube a augmenté (figure 3a et 4a). L’analyse statistique a montré qu’il y a eu une différence significative entre les traitements (p = 0.001). Le test de Student-Newman-Keul au seuil α = 0.05, a classé le chlorpyrifos éthyle et le fénitrothion dans un même groupe homogène (figure 3b et figure 4b), autrement dit leurs effets ont été assez comparables, mais ils étaient tous différents du témoin. Les coefficients de détermination ont été élevés (r² = 0.986 pour P. tschadensis et r² = 0.975 pour P. grandis mixta).  Les effets les plus élevés ont été obtenus dans cette phase I, comparativement aux autres phases (Tableau 2), avec 86% et 79% (> 75%) respectivement avec P. tschadensis et P. grandis mixta. Toutefois, on a noté une augmentation  de la population de deux espèces à partir de la phase II et ceci dans toutes les parcelles traitées. Dans la phase III, le nombre de captures a relativement diminué dans toutes les parcelles y compris celles non traitées (figure 4b et figure 5b). Les analyses statistiques ont montré qu’il n’y a pas eu de différence significative entre tous les traitements (p > 0.05). Les analyses globales de la variance pour les phases et les traitements ont montré qu’il n’y a pas eu de différence significative entre les phases I et II (p > 0.05) d’une part et entre les traitements chlorpyrifos éthyle et fénitrothion d’autre part (p > 0.05).

25Cette étude a montré que le chlorpyrifos éthyle et fénitrothion ont eu un effet sur les deux espèces de Pimelia. Mais, à partir de j+20 (phase II) nous avons remarqué une augmentation des populations. Dans les zones arides et semi-arides, la plupart des insectes sont adaptés à des conditions physiques d’extrêmes variabilités (Bourlière, 1983) et par conséquent font preuve d’une remarquable reconstitution après perturbation par une substance xénobiotique. Les effets délétères (nocifs) des pesticides utilisés  ont été notés dans les deux premières phases (I et II)  pour s’estomper dans la phase III. La baisse des captures dans toutes les parcelles expérimentales (y compris les parcelles témoins) dans la phase III (figure 4b et 5b), pourrait s’expliquer par un dessèchement de la végétation herbacée dans cette vallée à cet intervalle de temps, qui a coïncidé avec la fin de la saison des pluies (novembre – décembre).

26De  manière  générale, nos résultats confirment ceux obtenus par van der Valk (1990) sur le rôle réducteur de  fénitrothion appliqué aux doses utilisées contre le Criquet pèlerin sur la capture de Pimelia senegalensis (bien que notre étude n’ait pas concerné l’espèce de Pimelia étudiée par cet auteur). Des applications topiques au laboratoire de chlorpyrifos éthyle sur P. senegalensis montrent que cette espèce est sensible à ce pesticide (Danfa et van der Valk, 1993). Les études publiées sur les effets de ces pesticides sur Pimelia, sont à notre connaissance très peu nombreuses. Plusieurs études  conduites en Afrique de l’Ouest montrent que les larves de P. senegalensis sont les principales causes de destructions des oothèques d’Odealeus senegalensis (Popov, 1980 ; Popov  et al., 1990 ; Greathead, 1963 ; Greathead et al., 1994 ; van der Valk et al., 1998).  Nous avons observé à maintes reprises dans la vallée de Tafidet (Aïr), P. tschadensis dévorant des Criquets pèlerins adultes vivants (Photo 1). Cette observation est tout a fait originale, puisqu’il n’existe pas à l’heure actuelle à notre connaissance des études faisant état de la prédation de Criquet pèlerin adulte vivant par P. tschadensis. Les études disponibles donnent plutôt des généralités sur la prédation de Pimelia sur oothèques d’acridiens ou des acridiens déjà morts (Greathead, 1963 ; Greathead et al., 1994).

Figure 4 a.  Moyenne totale des insectes capturés avant (-4 et 0 jour) et après traitement (1 à 90 jours). La flèche indique 1 jour après les traitements.

Figure 4b.  Moyenne  des captures corrigées (±SE) par rapport au témoin pendant les trois phases après les traitements. Les valeurs avec des lettres différentes sont significatives au seuil α = 0.05

Tableau 2. Efficacité (pourcentage de réduction de la population corrigé par rapport au témoin) pour le chlorpyrifos éthyle et le fénitrothion

Insectes

Chlorpyrifos éthyle

Fénitrothion

1-12j

16-24j

28-90j

1-12j

16-24j

28-90j

Pimelia tschadensis

85

76

85

74

Pimelia grandis mixta

79

69

76

65

Les chiffres en gras montrent une réduction de la population > 25%

Figure 5a.  Moyenne totale des insectes capturés avant (-4 et 0 jour) et après traitement (1 à 90 jours).  La flèche indique 1 jour après les traitements.

Figure 5b.  Moyenne  des captures corrigées (±SE) par rapport au témoin pendant les trois phases après les traitements. Les valeurs avec des lettres différentes sont significatives au seuil α = 0.05

27Conclusion

28De manière générale, cette étude a montré le caractère non spécifique des pesticides anti-acridiens puisque leur danger potentiel sur les insectes prédateurs (Pimelia) a été démontré. Des études plus poussées devraient être entreprises pour mieux apprécier la performance de Pimelia dans la prédation, afin de mieux insérer cette éventualité de lutte (si des expériences éprouvées ont été menées) dans le corpus des connaissances déjà existantes en matière de lutte intégrée contre les insectes nuisibles aux cultures. Le délai relativement court observé pour la reconstitution des populations pourrait être dû au fait qu’une seule application des pesticides a été effectuée dans cette étude. Dans les opérations classiques de lutte anti-acridienne très souvent les applications sont répétées plusieurs fois sur les mêmes parcelles, ce qui, dans ce contexte pourrait allonger  le délai de reconstitution des populations d’insectes. Il serait intéressant de procéder à plusieurs applications de pesticides dans les études ultérieures, afin de mieux apprécier le délai de reconstitution des populations de Pimelia. Il serait aussi intéressant d’étudier les comportements de ces pesticides sur d’autres insectes d’utilité écologique tels que les abeilles solitaires sauvages (Apoïdea) qui jouent un rôle très important dans la pollinisation de plusieurs espèces végétales (Wichelns et al., 1992 ; Fohuo et al., 2002). Les pesticides organophosphorés (fénitrothion et chlorpyrifos éthyle) sont des inhibiteurs de cholinestérases (Augustinsson et al., 1978), l’étude de leurs effets sur les personnes et les animaux (y compris la faune sauvage) exposés, pourrait servir dans le choix et l’utilisation  judicieuse de ces produits dans les opérations de lutte anti-acridienne. Enfin, il serait souhaitable de conduire cette étude sur plusieurs années pour voir l’effet de la variabilité saisonnière.

29Remerciements

30Cette étude a été financée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) dans le cadre d’une bourse d’études doctorales. Les auteurs remercient M.S. Moudy, Directeur de la Protection des Végétaux de Niamey  (Niger), pour son aide dans la logistique utilisée. Le Professeur B. Hafidi, Directeur du Complexe Horticole d’Agadir (Maroc) pour ses conseils et suggestions lors de la rédaction de cet article. Le Professeur Stephen Simpson et Docteur James du British Muséum (Angleterre) pour leur aide dans l’identification des insectes. Nous adressons toute notre gratitude et reconnaissance aux différents réviseurs de la revue Vertigo, qui ont accepté de corriger et d’améliorer ce manuscrit. Enfin, nous remercions les techniciens du Centre National Antiacridien d’Agadez (Niger) pour leur aide sur le terrain.

Référence
www.18h39.fr
journals.openedition.org

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