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Toulouse : un collégien a

Toulouse : un collégien a

Les faits se sont déroulés en septembre dans un collège de la ville. Le conseil de discipline a décidé d’une exclusion définitive avec sursis de l’élève. En parallèle, le procureur de Toulouse a été saisi.

Toulouse : un collégien a

Le 18 octobre, à Toulouse, lors d’une manifestation en hommage à l’enseignant Samuel Paty, assassiné deux jours plus tôt. (Alain Pitton /NurPhoto via AFP)

Bonjour,

Votre question fait référence à un tweet publié samedi par l’enseignante, essayiste et militante laïque Fatiha Agag-Boudjahlat. Celle-ci rapporte un épisode qui se serait déroulé dans «un collège toulousain», où «un jeune, petit-fils d’imam», se serait «opposé à une prof d’arts plastiques qui avait osé montrer des statues grecques (nues), allant jusqu’à déclarer que les frères Kouachi avaient eu raison». En réponse, d’après elle, l’établissement aurait simplement «dispensé» l’élève de cours d’arts plastiques jusqu’à la fin de l’année, à l’issue d’un conseil de discipline. Vous nous demandez de vérifier la véracité des faits rapportés.

Dans un collège toulousain, un jeune, petit fils d’imam, s’est opposé à une prof d’arts plastiques qui avait osé montrer des statues grecques (nues), allant après jusqu’à déclarer que les frères Kouachi avaient eu raison. Conseil de discipline, la sanction va vous étonner :

Sollicitée, l’enseignante n’a pas communiqué de détails sur l’incident. Mais d’après nos informations, l’épisode s’est effectivement produit au collège Bellevue de Toulouse. L’affaire n’est pas récente, puisqu’elle date de la fin du mois de septembre, c’est-à-dire avant l’attaque terroriste contre l’enseignant Samuel Paty, qui s’est déroulée le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). L’information, néanmoins, n’est remontée que récemment aux antennes syndicales locales.

Christophe Manibal, responsable Haute-Garonne du syndicat national des enseignants de second degré (Snes-FSU), a été informé il y a peu de de cette histoire, «qui a visiblement créé des remous au sein de l’établissement», dont il précise qu’il est «en mixité sociale» et non «bourgeois», comme l’écrit Fatiha Agag-Boudjahlat. «Et ce n’est pas une affaire qui est restée sans suite, poursuit-il. Les choses ont duré un peu, mais ont été prises au sérieux par l’établissement au retour des vacances d’automne, au mois de novembre.» Donc lors de la rentrée scolaire qui a suivi l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine.

Sollicité par CheckNews, le rectorat de Toulouse revient sur les faits, décrivant «un élève scolarisé en classe de troisième», qui a affirmé, en cours d’arts plastiques, «qu’il est interdit de représenter les visages» : «Sa professeure le reprend en indiquant qu’il s’agit d’une posture religieuse qui n’a pas de raison d’être en classe et le cours s’achève sans nouvel incident. Quelques jours plus tard, l’élève demande un entretien à l’issue du cours d’arts plastiques et tient des propos relevant de l’apologie du terrorisme. Prévenu par la professeure, le principal déclare un “fait d’établissement” au service du rectorat. Cette situation a dès lors fait l’objet d’une vigilance toute particulière.»

Le rectorat explique alors que «le chef d’établissement est aussitôt contacté par le référent académique “Valeurs de la République” et par le cabinet de l’inspection académique de la Haute-Garonne. L’équipe Valeurs de la République s’est rendue au collège pour rencontrer l’ensemble de l’équipe en réunion plénière. Le référent académique “radicalisation” est intervenu auprès des équipes et une formation sur la prévention de la radicalisation s’est tenue dans les semaines suivantes».

Quant au conseil de discipline, il a bien eu lieu le 19 novembre. Il a abouti à une sanction plus sévère que celle annoncée sur Twitter par Fatiha Agag-Boudjahlat. Le rectorat de Toulouse, ainsi que le responsable local Snes-FSU, rapportent de manière concordante que le conseil de discipline «s’est prononcé pour une sanction d’exclusion définitive avec sursis». «Ce n’est pas une mesure laxiste, commente Christophe Manibal. Au moindre nouveau fait, l’élève est exclu.» En outre, le rectorat assure avoir donné «la protection fonctionnelle» à l’enseignante, qui a «également pu bénéficier du soutien des assistantes sociales du service social en faveur des personnels».

En parallèle, nous informe encore le rectorat, le procureur de la République de Toulouse a été saisi : «L’élève a été interrogé par les services d’enquête au commissariat de Toulouse. Lors de son audition, la professeure était accompagnée par le principal du collège.» Contacté, le procureur de Toulouse, Dominique Alzeari, confirme que le jeune de 16 ans a été placé sous le statut de témoin assisté et a fait l’objet d’une ordonnance de non-lieu le 7 janvier, pour les faits d’apologie publique d’un acte de terrorisme. Le procureur ajoute qu’il s’agit d’un «bon élève» qui n’a pas posé de «problème depuis». Quant à l’enseignante, elle a obtenu une mutation.

© Libé 2021

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Référence

Toulouse : un collégien a
www.liberation.fr

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