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Un rapport dénonce les conditions de vie « indignes » des gens du voyage

Un rapport dénonce les conditions de vie « indignes » des gens du voyage

Selon l’Observatoire pour les droits des citoyens itinérants (ODCI), les gens du voyage installés en France vivent dans « l’exclusion » et la « ségrégation ».

Un rapport dénonce les conditions de vie « indignes » des gens du voyage

Les mots sont durs, autant que la réalité qu’ils prétendent décrire. Jeudi 16 septembre, l’Observatoire pour les droits des citoyens itinérants (ODCI) publie un rapport sur les conditions de vie des gens du voyage installés en France. Le bilan présenté par l’organisation est frappant. Selon elle, les gens du voyage subissent, en France, une situation d’« exclusion » et des conditions de vie « indignes ».

Le rapport, issu d’un travail long de trois ans, évoque également des populations « cantonnées dans des espaces ségrégués, bien souvent éloignés des autres habitations, isolés des services publics et situés dans des zones polluées ». L’OCDI s’appuie également sur les travaux du juriste William Acker qui, dans un ouvrage paru en avril 2021, estime que sur environ 1 000 aires d’accueil recensées, « 80 % sont éloignées des zones d’habitation et 60 % sont situées à proximité directe d’installations polluantes ou nuisibles ».

« La loi Besson (qui impose depuis 1990 la mise à disposition d’aires d’accueil dans les communes de plus de 5 000 habitants, NDLR), sous couvert d’humanisme, prive les personnes de choisir librement leur résidence et les relègue souvent sur des terrains dont personne ne voudrait », dénonce auprès de l’AFP Nara Ritz, coordinateur de l’OCDI, lui-même citoyen itinérant. « On abandonne des familles entières dans des logements indignes, derrière des grillages, à côté de déchetteries », poursuit-il.

Le rapport évoque par ailleurs les difficultés d’accès à l’eau et l’électricité vécues par ces populations. Dans certaines communes, les prix de ces services sont plus élevés sur les aires d’accueil que dans le reste des villes, relève l’OCDI. « Cette pratique vise notamment à décourager l’installation des familles. Sans compter que les caravanes n’étant pas considérées comme des logements en droit français, les coupures d’eau ne sont pas illégales comme pour le reste de la population », assure Chloé Lailler, qui a dirigé la rédaction du rapport.

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L’OCDI émet en conclusion une série de recommandations visant à améliorer les conditions de vie des gens du voyage, dont « l’intégration des résidences mobiles dans les réglementations ayant trait aux normes minimales de décence et d’environnement » et « l’interdiction des coupures de fluides sur les mêmes bases que celles applicables au reste de la population ».

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www.lepoint.fr

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